Histoire de Rixheim

Au carrefour du Sundgau, de la forêt de la Hardt et de la plaine de l’Ill

Nichée dans une anse du fossé rhénan, la ville de Rixheim boucle le carrefour formé par les trois régions naturelles : le Sundgau, la forêt de la Hardt et la plaine de l’Ill.
Blottie aux pieds des derniers contreforts du Jura, notre ville se trouve à l’emplacement de l’ancienne intersection de deux voies romaines qui reliaient Argentoratum (Strasbourg) à Augusta Raurica (Augst près de Bâle) et Cambete (Kembs) aux portes de la Bourgogne.
Le ban communal s’étend sur 1 952,57 hectares et ses altitudes varient entre 365 mètres (Zuhrenwald) et 232 mètres (Pont du Bouc).
Le nom du lieu est tiré d’un anthroponyme germanique, probablement Richino. La désinence en “-heim” inscrit le village parmi les noyaux francs bouclant le Nord-Est sundgauvien.

Une occupation attestée depuis le Néolithique

Des fouilles archéologiques réalisées sur le ban communal ont mis au jour de nombreux éléments de sépultures néolithiques, comme des tombes à incinération datant du Bronze final. Lors de recherches effectuées en 1850, on récupéra un trésor d’environ 70 monnaies romaines datant du IIIème siècle de notre ère. Une importante nécropole mérovingienne datant du VIème siècle fut découverte en 1883, non loin de la gare SNCF. En 1894, un puits cultuel gallo-romain fut mis au jour. D’autres investigations, en 1967, entreprises rue de Soultz, permirent la découverte d’un charnier datant de la guerre des rustauds (1525).
Plusieurs tumuli celtiques se trouvent à Rixheim. Le plus grand, situé près de la fontaine du Zihlbrunnen, dans la forêt dite Zuhrenwald, fut découvert en 1858. Connu sous le nom de “Hünenhubel”, ce monticule contenait plusieurs sépultures et des objets d’antiquité qui figurent au Musée Historique de Mulhouse.

Un territoire disputé à l’époque médiévale

Mentionné pour la première fois sous la dénomination de Richeneshies en 823 ap. J.-C., le village eut 18 appellations différentes aux cours des siècles, citons parmi elles : Richenesheim (1064 ap. J.-C.), Richeshen (1456 ap. J.-C.), Rychsen (1499 ap. J.-C.), Richennesheim (1554 ap. J.-C.), Richsen (1662 ap. J.-C.), Rixen (1696 ap. J.-C.).
L’actuelle ville de Rixheim, qui comprend 36 lieux-dits, est formée par l’ancien Rixen (haut-village) et le village disparu d’Eschelzheim (bas-village). Eschelzheim est cité en 1273 de notre ère, à l’occasion d’achats de biens par l’abbaye cistercienne de Lucelle. Le nom de cette localité se retrouve tout au long du XVIème siècle, mais disparaît par la suite. La fusion, facilitée par la proximité des deux habitats par l’indivision des finages et surtout par la croissance des deux bourgs, s’est effectuée à la fin de la guerre de Trente Ans (entre 1648-1650).
Le riche territoire de Rixheim fut disputé très tôt entre les grands propriétaires nobles ou ecclésiastiques : abbaye de Murbach, l’Ordre teutonique de Mulhouse ou encore les hospitaliers de Saint Jean. Le village, passé dans les domaines de la maison de Habsbourg après 1259, fut engagé aux sires de Masevaux en 1285. La commune passa ensuite avec la seigneurie de Bas-Landser aux mains des d’Herwart en 1645 et devint le siège d’une prévôté particulière.

L’influence de l’Ordre teutonique jusqu’à la Révolution française

L’Ordre teutonique de Mulhouse acquit des propriétés considérables à Rixheim au XIIIème siècle. La mention d’un couvent Saint Léger à Rixheim en 1343 concernerait cette cour ecclésiastique, dont le plus ancien terrier date de 1424. Dix fermes en dépendaient, de même que les anciens lits de justice dits Kaiserskameren, probablement un palatium impérial.
Lors de la Réforme protestante à Mulhouse, l’Ordre teutonique s’installa dans la principale ferme de Rixheim et y fonda une Commanderie en 1613. Reconstruit par l’architecte de l’Ordre Jean Gaspard Bagnato de 1735 à 1745, la Commanderie fut confisquée comme bien national en 1789 suite à la Révolution française, qui met fin aux droits féodaux de l’Ordre en Alsace. Elle sert ensuite de prison à des suspects (1792) et, après des réparations hâtives en 1794, fut transformé en hôpital militaire. On suppose qu’il a accueilli de nombreux soldats blessés lors du siège de Huningue. 153 militaires français et deux prisonniers autrichiens moururent de blessures ou de maladie et furent inhumés à Rixheim. L’hôpital fut alors supprimé en 1796 et vendu comme bien national en 1797.
L’ancienne Commanderie abrite actuellement l’Hôtel de Ville, le Musée du Papier Peint et la Manufacture de Papiers Peints Zuber & Cie.

Les deux Guerres mondiales et leurs conséquences à Rixheim

Du 9 au 10 août 1914, une grande bataille de rues nocturne se déroula sur la place de la mairie et sur l’emplacement de l’actuel collège, opposant des éléments d’infanterie allemande à des troupes françaises. Au cours de cet engagement sanglant, les troupes allemandes s’entretuèrent par méprise.
Lors de la guerre de 1939-1945 et suite à l’annexion de l’Alsace, de nombreux habitants durent se réfugier quelques mois dans le Gers, notamment dans les communes d’Ayguetinte, Beaucaire, Bonas, Larroque-Saint-Sernin, Roques, Rozès, Saint-Paul-de-Baïse, Saint-Puy, Valence-sur-Baïse et bien d’autres. Près de 300 habitants connurent l’incorporation de force dans l’armée allemande et 60 d’entre eux ne revinrent jamais des combats.
Quant à la ville elle-même, elle subit de sérieux bombardements qui détruisirent 13 maisons, en endommagèrent quelques centaines, provoquant le décès de 22 civils. La ville fut libérée le 20 novembre 1944.

Les armoiries de la Ville

Les armes de Rixheim se blasonnent ainsi : « Diapré d’argent à deux cadrils de gueules cambrés et entrelacés en forme de rose ».
En 1979, la ville décide de reprendre les armoiries antérieures à celles décrites par l’Armorial général établi sous Louis XIV, où la lettre majuscule « R » avait été ajoutée au centre des cadrils.

Quelques bâtiments remarquables

Diverses bâtisses témoignent du passé de Rixheim. Le bâtiment de l’ancienne mairie, datant de 1544, possède un ancien corps de garde où se trouvaient autrefois les veilleurs de nuit.

L’un des plus beaux fleurons de la ville est sans conteste la maison située au 88 Grand’Rue Pierre Braun, portant la mention de l’année 1592 gravée au-dessus de la porte d’entrée ainsi qu’une cave dont la charpente date de 1670.
Les maisons au f, construite en 1563 et l’ancienne mairie d’Eschelzheim, 49 Grand’Rue, datant de 1594, sont parmi les plus vieux immeubles édifiés au cours du XVIème siècle.

L’église paroissiale Saint Léger, déjà mentionnée en 1272, possède un clocher doté de meurtrières datant du XIIème siècle. Cette tour de défense était entourée d’un cimetière fortifié qui devenait un lieu de refuge pour les habitants et leur bétail, en cas d’attaque ennemie.

Saint Michel était le patronyme de la chapelle d’Eschelzheim qui apparaît dans les textes en 1292-1554. Ce lieu de culte, situé dans la partie haute de la rue Saint Michel, démoli entre temps, était à partir du XVème siècle une annexe de la paroisse de Rixheim.
Une autre chapelle, connue sous le nom de “Leikäbelen”, est mentionnée en 1735. Ce sanctuaire, qui existait encore en 1789, se trouvait dans la colline à hauteur de la rue Saint Marc, certainement non loin de l’emplacement du village disparu de Leibersheim, cité en dernier lieu, en 1624, sous le nom de Leibertz.

La petite chapelle votive Saint Jean de Népomucène, dont la date de construction nous est inconnue, démolie en 1923, était implantée à l’angle de l’avenue du Général De Gaulle / rue Saint Jean.

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